Affichage des articles dont le libellé est Dossier Thématique - Expériences de lecture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dossier Thématique - Expériences de lecture. Afficher tous les articles

mardi 16 avril 2013

Ces livres qu'on aime relire.


    Ah, les livres, les livres, les livres. Je fais partie de ces gens qui passeraient leur vie à en acheter et qui seraient ensuite dans l’impossibilité de tous les lire, faute de temps. A défaut de pouvoir me procurer des ouvrages par centaines (oui, carrément), ben je fais une liste de ceux que j’aimerais un jour lire. Liste dont je sais déjà que je n’aurai pas assez de deux ou trois vies pour en venir à bout.

    Et en attendant, j’en relis certains. Non pas parce que je manque de lecture (ça, c’est une chose qui ne m’arrivera jamais. Les lecteurs assidus et passionnés me comprendront.), mais juste parce que… j’en ai envie. Oui, c’est aussi simple que ça.


    Je distingue deux catégories de livres qu’on relit (enfin que je relis, ces catégories ne s’appliquent pas forcément pour vous).

    Une qui comprend des ouvrages qu’on va relire pour le simple plaisir de l’histoire. Des livres qu’on ne relira pas forcément en entier, dont on sautera certains passages, dont on ne lira que quelques chapitres parce qu’on a quelques minutes à perdre.

    Ça fonctionne toujours avec Harry Potter de J.K. Rowling. Quelque soit le tome, mais surtout le troisième (parce que Sirius Black). Je ne vous dirai pas combien de fois je les ai ouverts, je ne suis pas sûre d’assumer. Mais quel plaisir, chaque fois, de retrouver Harry et ses amis, de voir les liens entres les différents livres et se dire que, oui, décidément, ça a été écrit de manière très intelligente.


    Quelle joie aussi, de rejoindre Aragorn et sa compagnie (oui, bon, c’est celle de Frodo, mais j’ai mes préférences, que voulez-vous ?), le temps d’une bataille ou d’un petit bout de chemin vers les portes du Mordor.


    Mon autre catégorie concerne les livres que vous relisez de bout en bout à chaque fois ; ceux que vous avez toujours à portée de main ; ceux qui, à chaque fois, vous transportent, dont les mots ne vous lassent pas (alors que, bon, soyons réalistes, ce ne sont pas forcément les bouquins les mieux écrits ou les meilleurs que vous ayez lus) ; ceux que vous avez tellement ouverts, que les pages se décollent. Et vous avez beau connaître l’histoire sur le bout des doigts, vous parvenez toujours à découvrir quelque chose de nouveau. En d’autres termes, ce sont vos valeurs sûres, vos lectures refuges.

    C’est ainsi que régulièrement, je m’invite dans les salons londoniens de la fin du 19ème siècle pour m’assoir aux côtés de Dorian Gray, de sa beauté (presque) légendaire et de son air hautain ; que je m’aventure avec le Docteur Van Helsing et le couple Harker pour combattre le Comte Dracula dans les plaines de Transylvanie ; ou encore, que j’emménage, volontairement (mon côté masochiste, sans doute), dans le sinistre hôtel Overlook, avec la famille Torrance. Et, chaque fois, c’est un régal sans nom. Mais pour être honnête avec vous, même si ce sont mes livres favoris, je ne vous en parlerais sans doute pas si un jour nous discutions bouquins et que vous demandiez un conseil. Parce que ce sont les miens, à moi, mes chouchous et que mon côté égoïste ne veut pas les partager.


    Bon allez, il faut que je vous laisse, j’ai une soudaine envie de relire L’idiot de Dostoïevski. Mais avant de partir, une petite citation – un peu excessive – de Monsieur Oscar Wilde :

    « Les livres qu'on ne relit pas sans cesse avec plaisir ne valent pas la peine d'être lus. » 

Tháleia

samedi 13 avril 2013

A rebours

     Et si l’on commençait par la fin ? Non, pour une fois je ne parle pas de gâteaux, douceurs et autres gourmandises que l’on serait tenté de manger en premier dans un désir primaire, sauvage et enfantin de commencer par le dessert… Pas de nourriture donc, mais quelque chose qui peut se dévorer tout pareillement : un livre !
     Là encore attention, il n’est pas question de commencer par la dernière page, de lire le dernier mot et de découvrir le nom de l’assassin avant même que le meurtre ait eu lieu ! D’ailleurs, existe-t-il vraiment des romans policiers ou autres où le dénouement se fait réellement dans les dernières lignes ? J’ai envie de répondre non, haut et fort, car oui, à Artemiss, on est comme ça !
     Mais alors que veux-je dire exactement me demanderez-vous ? Pour y répondre il faudrait remonter à l’année de mon entrée au lycée (non je ne compterai pas, j’ai toujours mal à cause du Polaroïd) au cours de laquelle un professeur de français avait demandé les 2 livres que nous emporterions sur une île déserte. Il me semble me souvenir avoir répondu : « un non encore lu et mon préféré (celui dont je souhaite vous parler) ». Le professeur a alors tiqué sur ce dernier en me disant que je risquais vite de m’ennuyer avec celui-ci. « Erreur ! », lui ai-je alors rétorqué, car ce livre en question, composé de deux tomes, je ne l’ai toujours pas fini et m’impose depuis 12 ans (aïeuh, j’ai compté !) comme règle de ne jamais le terminer !
    Non pas qu’il soit inintéressant ou trop volumineux, bien au contraire ! Juste pour avoir toujours la sensation de le découvrir à nouveau, m’aventurant à tourner quelques pages de plus à chaque relecture et me retenant pour ne pas craquer.
    Pour ce faire, je concentre ma quête de pages nouvelles dans les 120 dernières pages du premier tome en poussant le vice (ou la difficulté c’est selon !) jusqu’à disséminer des groupes de pages vierges de lecture entre celles racornies. J’ai ainsi lu les dernières pages mais pas celles du milieu…
    Mais cette gymnastique a été rendue possible par un fait à priori tout à fait banal : j’ai commencé ce roman par le deuxième tome et non le premier, et cela en toute innocence (ah enfin voilà le rapport entre la fin, le livre et la nourriture !!).
     Je dois donc remercier ma ville d’enfance pour son absence de librairie convenable mais également l’auteur, Pauline Gedge pour ne pas la nommer, qui a eu la bonne idée de séparer les deux  intrigues d’une ellipse temporelle de 17 ans. Là où les lecteurs classiques retrouvaient des personnages vieillissants et amers de l’échec de leurs complots je découvrais de véritables palimpsestes qu’il me fallait déchiffrer. La tension qui devait paraître fausse ou grossièrement mise en scène pour les avertis qui connaissaient déjà les relations entre les personnages devenait réelle à mes yeux : la monstruosité cachée par des bandelettes du « méchant », le passé de la paysanne/médecin/concubine de Pharaon devenue servante (oui, l’intérim devait déjà exister dans l’Ancienne Egypte !) et la véritable affiliation du jeune héros restaient insaisissables !
      Mais tout ça n’était rien comparé au plaisir, que dis-je, au délice de découvrir de manière éclairée le premier tome en faisant revivre et rajeunir à coups de quelques pages tournées des personnages et un univers. Alors, le complot peut prendre naissance encore et encore et n’échouera que si je termine les dernières pages… 
Ourania