Ah, les livres, les livres, les livres. Je
fais partie de ces gens qui passeraient leur vie à en acheter et qui seraient
ensuite dans l’impossibilité de tous les lire, faute de temps. A défaut de
pouvoir me procurer des ouvrages par centaines (oui, carrément), ben je fais
une liste de ceux que j’aimerais un jour lire. Liste dont je sais déjà que je
n’aurai pas assez de deux ou trois vies pour en venir à bout.
Et en attendant, j’en relis certains. Non
pas parce que je manque de lecture (ça, c’est une chose qui ne m’arrivera
jamais. Les lecteurs assidus et passionnés me comprendront.), mais juste parce
que… j’en ai envie. Oui, c’est aussi simple que ça.
Je
distingue deux catégories de livres qu’on relit (enfin que je relis, ces
catégories ne s’appliquent pas forcément pour vous).
Une qui comprend des ouvrages qu’on va
relire pour le simple plaisir de l’histoire. Des livres qu’on ne relira pas
forcément en entier, dont on sautera certains passages, dont on ne lira que
quelques chapitres parce qu’on a quelques minutes à perdre.
Ça fonctionne
toujours avec Harry Potter de J.K.
Rowling. Quelque soit le tome, mais surtout le troisième (parce que Sirius
Black). Je ne vous dirai pas combien de fois je les ai ouverts, je ne suis pas
sûre d’assumer. Mais quel plaisir, chaque fois, de retrouver Harry et ses amis,
de voir les liens entres les différents livres et se dire que, oui, décidément,
ça a été écrit de manière très intelligente.
Quelle joie aussi,
de rejoindre Aragorn et sa compagnie (oui, bon, c’est celle de Frodo, mais j’ai
mes préférences, que voulez-vous ?), le temps d’une bataille ou d’un petit
bout de chemin vers les portes du Mordor.
Mon autre catégorie concerne les livres que
vous relisez de bout en bout à chaque fois ; ceux que vous avez toujours à
portée de main ; ceux qui, à chaque fois, vous transportent, dont les mots
ne vous lassent pas (alors que, bon, soyons réalistes, ce ne sont pas forcément
les bouquins les mieux écrits ou les meilleurs que vous ayez lus) ; ceux
que vous avez tellement ouverts, que les pages se décollent. Et vous avez beau
connaître l’histoire sur le bout des doigts, vous parvenez toujours à découvrir
quelque chose de nouveau. En d’autres termes, ce sont vos valeurs sûres, vos
lectures refuges.
C’est ainsi que régulièrement, je m’invite
dans les salons londoniens de la fin du 19ème siècle pour m’assoir
aux côtés de Dorian Gray, de sa beauté (presque) légendaire et de son air
hautain ; que je m’aventure avec le Docteur Van Helsing et le couple
Harker pour combattre le Comte Dracula dans les plaines de Transylvanie ;
ou encore, que j’emménage, volontairement (mon côté masochiste, sans doute),
dans le sinistre hôtel Overlook, avec la famille Torrance. Et, chaque fois,
c’est un régal sans nom. Mais pour être honnête avec vous, même si ce sont mes livres
favoris, je ne vous en parlerais sans doute pas si un jour nous discutions
bouquins et que vous demandiez un conseil. Parce que ce sont les miens, à moi,
mes chouchous et que mon côté égoïste ne veut pas les partager.
Bon allez, il faut que je vous laisse, j’ai
une soudaine envie de relire L’idiot
de Dostoïevski. Mais avant de partir, une petite citation – un peu excessive – de
Monsieur Oscar Wilde :
« Les livres qu'on ne relit pas
sans cesse avec plaisir ne valent pas la peine d'être lus. »
Tháleia


