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jeudi 8 mai 2014

♫ Musique, et que chacun se laisse emporter ♫



« Tu sais sur quoi tu vas écrire la semaine prochaine ?
        Bien sûr que non, et toi ?
        Non plus. Ça fait longtemps que t’as pas parlé musique.
        C’est vrai, mais je trouve que ce n’est pas facile d’en parler. »

   Et, pour ne pas répéter « c’est vrai », pour être d’accord avec moi-même et pour le plaisir de citer le grand philosophe Perceval tout droit sorti de Kaamelott, je dirais « c’est pas faux » ! 

   J’ai essayé à plus d’une reprise de vous faire un article consacré à la musique mais, mis à part pour dire de la merde blablabla, ben je suis bien incapable d’aligner trois mots. Dans ma tête, tout est toujours clair, je sais ce que je veux vous dire, ce que je veux vous faire passer, je sais que je veux vous donner envie d’aller écouter tel album ou tel artiste, mais au moment de poser les mots sur le papier, impossible. Rien ne vient. Et à  chaque fois, je me demande pourquoi. Serait-ce parce que de tous les arts qui existent, la musique est de loin celui qui me touche le plus, me rendant ainsi plus difficile la tâche de vous en parler ? Ou parce qu’égoïstement et inconsciemment, je refuse de partager les groupes que j’aime avec vous ? Peut-être tout simplement un peu des deux. 

Je vous ai déjà parlé de cet album. Tu peux cliquer pour relire l'article.

   La musique est pourtant une des choses les plus facilement partageables et transmissibles. Et ça continue à être toujours plus simple. Elle est le véritable langage universel. La musique rapproche les gens de tous âges, de tous milieux, faisant fi des soi-disantes  conventions sociales, passant souvent outre la bienséance (bon à moins de fréquenter les opéras, c’est vrai). Qui n’a jamais échangé quelques mots avec son voisin de concert, voire même passé tout le spectacle avec lui parce que vous aviez perdu tous vos amis dans la foule (ça m’arrive régulièrement) ? Un voisin qui a priori n’a rien en commun avec vous et à qui vous n’auriez probablement pas adressé la parole si vous l’aviez croisé ailleurs. Une personne que vous ne reverrez jamais mais avec qui, l’espace de deux heures, vous avez partagé les mêmes émotions.


   Puis qui ne s’est pas retrouvé avec un inconnu dans sa tente lors d’un célèbre festival breton ? Ah  ce n’est arrivé qu’à Ourania et moi ?! On vous racontera peut-être cette histoire un jour. Si vous êtes sage. Qui n’a pas perdu une vitre côté conducteur à 8h du matin, après avoir conduit toute une nuit pour revenir d’un concert à Paris ? Encore que Ourania et moi ?! Qui n’a pas passé des heures à se demander si, oui ou non, les frères Gallagher allait bien se montrer sur scène ? Beaucoup de monde, dont Ourania et moi. Car au-delà des notes jouées, des mots qui vous prennent aux tripes, du son d’une voix, la musique, c’est aussi la création de jolis souvenirs.


Oui, c'est à cause de Chrissounet (comme l'appelle Ourania) que j'ai perdu une vitre de voiture !


   Et c’est en repensant à certains d’entre eux, alors que la voix de M. Shadows résonne au son des notes de son Crimson Day, que je me dis que oui, la musique se doit définitivement d’être partagée.

vendredi 10 mai 2013

Ces chansons qu'on aime.


    « La musique est un moyen plus puissant que tout autre parce que le rythme et l’harmonie ont leur siège dans l’âme. Elle enrichit cette dernière, lui confère la grâce et l’illumine. » – Platon

    Moi qui écoute de la musique tout le temps, toute la journée, quoi que je fasse, j’ai toujours trouvé un peu étrange qu’on me dise « je n’écoute pas de musique, je n’aime pas spécialement ça ».

    « Excusez-moi ? Plait-il ? Qu’est-ce qu’il/elle dit le monsieur/la dame ?? »

    Au moment même où j’écris ces lignes, la voix de Peter Liddle, du groupe anglais Dry The River (que je vous conseille fortement), résonne dans mes oreilles. C’est un de mes besoins vitaux, comme manger ou dormir (mais surtout dormir).



    Bien évidemment, les goûts musicaux, comme le reste, évoluent au fil du temps, selon ce que l’on vit, selon nos états d’âmes. Mais il y a tout de même des chansons qui (nous) restent cultes, qui deviennent nos classiques du genre, qu’on peut écouter cinquante fois d’affilée sans que  cela nous gêne. Bon par contre, soyons réalistes, ça embête (pour rester polie) royalement les personnes qui sont autour de nous (oui, même votre hamster). Après tout, qui n’a pas déjà dit : « T’en n’as pas marre de cette chanson ?! Eteins la musique, tu me soûles avec ce truc ! » Vous voyez ce que je veux dire…

    Parmi ces chansons, il y a d’abord les grands classiques qu’on aime pour la simplicité et parfois la naïveté de leurs paroles. Qui ne craque pas pour le

“My funny valentine
Sweet comic valentine
 You make me smile with my heart”
dans My Funny Valentine,

et le “I see friends shakin' hands, sayin' How do you do?
They're really saying I love you”,
tout droit sorti de What A Wonderful World ?



    Pour le Hallelujah, celui de Jeff Buckley, qui a été repris bien trop de fois dans de mauvais téléfilms ? Pourquoi cette version ? Pour la pureté de la voix de Monsieur Buckley (dans le même genre, je vous conseille Jimmy Gnecco).

    Viennent ensuite les chansons que l’on aime parce qu’elles nous parlent, pour une raison ou une autre, sans que l’on ait à les expliquer, comme All Apologies de Nirvana ou le You’re Lost Little Girl des Doors, dont les mots sont littéralement encrés sous ma peau. Bon, c’est vrai que lorsque je parle de la bande à Jim Morrison ou de celle de Kurt Cobain, je ne suis pas objective. Du tout. (Vous voilà prévenus pour les prochains articles.)

    Il y a celles qui nous redonnent un peu de courage quand les temps sont à la déprime. Dans ces cas-là, Eminem et son Not Afraid font parfaitement l’affaire : « I’m not afraid to take a stand ». Les paroles parlent d’elles même, pas besoin d’en dire plus.

    Et puis il a aussi toutes les autres. Celles qui nous rappellent quelqu’un ou quelque chose, celles que l’on aime sans que l’on sache trop pourquoi. Les You Make Me Feel Brand New, les Riders On The Storm, les Electrastar, les Over The Rainbow, les Comme d’Habitude (oui, oui…), etc. Et bien sûr, et peut-être surtout, il y a toutes celles qui n’ont pas encore été chantées.

Tháleia

vendredi 1 mars 2013

Un album pour vous conduire au Nirvana


   Il y a des rencontres qu’on n’oublie pas. Qu’elles soient réelles, musicales, cinématographiques ou littéraires. Non pas que ces trois dernières ne soient pas réelles, non, bien au contraire, mais disons qu’elles n’ont pas l’aspect « face à face » que l’on a avec quelqu’un. Vous voyez ce que je veux dire ou je vous ai déjà perdus ? Ce que j’essaie de dire, c’est qu’on a tous une histoire particulière avec - au moins - un musicien ou un écrivain, un réalisateur, un peintre ou un photographe, etc.  Une histoire qui nous rappelle pourquoi on aime tant cet artiste et son œuvre, même s’ils ont évolué, même si nous avons changé. Une histoire qui nous rend un peu nostalgique, qui peut nous faire sourire et qui, parfois, peut aussi nous faire pleurer. Ah, ça y est, je vois que vous me suivez, maintenant. Parce que vous aussi, vous avez une histoire comme ça avec quelqu’un que vous ne connaissez pas et que vous ne rencontrerez sans doute jamais, pas vrai ? Et même que souvent, vous ne pouvez pas vraiment expliquer pourquoi l’univers de cette personne vous parle, vous touche, vous fait vibrer. Et puis, pourquoi devrait-on se justifier ? C’est comme ça, c’est tout. Les sentiments, ça ne s’explique pas.

   J’ai quelques histoires plus ou moins originales, plus ou moins personnelles, à propos de mes découvertes musicales. Rassurez-vous, je ne vous embêterai pas avec, ce n’est pas important et à part moi, tout le monde s’en fiche. Non, ce qui compte, c’est l’album dont je vais vous parler, aujourd’hui. Un album live. Je déteste les albums live. Enfin, normalement. Parce que celui-ci est un indispensable, que tout un chacun doit avoir écouté au moins une fois dans sa vie. Si j’avais un Top 10 des albums à écouter absolument (penser à en faire un, tiens), il ferait sans aucun doute partie des trois premiers. Mais je parle, je parle, et je ne vous ai toujours pas dit de quel album il s’agissait. Hé bien, ce n’est rien d’autre que le MTV Unplugged in New-York de Nirvana. L’émission existe toujours. Son principe est simple : faire découvrir les titres en acoustique des artistes. Pas d’artifices, pas de sons saturés. Juste une voix et une guitare, voire un piano. Le tout enregistré en public.

  Enregistré en novembre 1993 et sorti tout juste un an plus tard, l’album n’aurait jamais du voir le jour. Mais la mort du leader de Nirvana en avril 1994 va changer la donne. Les fans sont toujours là et réclament de nouveaux titres. Ceux qui ont été enregistrés et ne sont jamais sortis. Il en reste encore, on le sait, on nous les délivre au compte-goutte dans des Best Of qui laissent à désirer. Que voulez-vous ?, la mort d’un artiste est définitivement bonne pour le business et peut rapporter gros.

 Alors pourquoi avoir sorti cet album ? Cet album où Cobain n’est peut-être pas vraiment Cobain. Cet album où sur quatorze chansons, six sont des reprises. L’album d’une émission que Cobain ne voulait même plus faire, où il n’était pas à l’aise, et où le public riait à ses mots - pas vraiment drôles. Ce public qui, à l’instar de Jim Morrison, il avait fini par détester.
Krist Novoselic et Dave Grohl, les deux acolytes de Kurt Cobain, ont déclaré qu’il leur était « émotionnellement difficile » de préparer un album avec les nouvelles compositions. Le MTV Unplugged était déjà tout prêt. Mais, si je comprends la démarche, je ne peux m’empêcher de me demander s’il n’aurait pas mieux valu attendre un peu et sortir un véritable premier album posthume. Les fans auraient toujours été là. Vingt après, ils sont encore bel et bien présents. Et peut-être qu’il n’aurait jamais fallu sortir cet album acoustique de manière officielle. Il aurait tout de même circuler de toute façon.

   Alors, pourquoi j’aime tant cet album ? Peut-être parce que soudainement, les chansons prennent tout leur sens. Parce que la présence de guitares, d’un violoncelle et d’un accordéon font ressortir les mots dans ce qu’ils ont de plus pur.  Pour la beauté simple de « All Apologies » et de « Pennyroyal Tea ». Et probablement aussi pour le souvenir. Pour tout ça et plus encore.

   Mais dans tous les cas, cet album - adulé par les uns, décrié par les autres - est à écouter encore et encore. Pour la voix cassée, triste et parfois fausse de Kurt Cobain, pour les guitares, pour la redécouverte des titres en acoustique, mais surtout pour les émotions. En vinyle, si vous pouvez, les frissons n’en sont que meilleurs.

Tháleia