Madame, Monsieur,
La fin des études, qu’elles aient été courtes ou longues, est toujours une étape importante dans la vie d’une personne. Après des années à user les bancs de différentes écoles, nous entrons enfin dans le « monde des adultes », plein d’espoir et des rêves plein la tête. Ah non pardon, je confonds avec autre chose. Ben oui, qui de nos jours est optimiste en finissant ses études ? (Que cette personne lève la main !) Et c’est véritablement là que les difficultés commencent : trouver un emploi.
Les plus chanceux ont eu l’occasion de faire des stages et se font recruter dans ces entreprises. Si on vous propose quelque chose, ne réfléchissez pas deux fois, signez !
Puis, il y a ceux qui ont étudié quelque chose de bien spécifique et de relativement peu répandu, et qui n’auront donc pas trop mal à trouver du travail. Félicitations, c’est bien vous qui avez eu la meilleure idée !
Et il y a les autres. Les pas diplômés, les trop diplômés, les diplômés sans spécialité. Pour tous ceux-là, c’est plus compliqué. Mais, tout naïfs que nous sommes, nous y croyons (plus ou moins) quand même et nous allons nous inscrire… au pôle emploi (vous aussi, vous vous demandez pourquoi ils l’ont appelé comme ça ou c’est juste moi ?).
Puis vient un des fameux rendez-vous. Un de ceux qui sont obligatoires mais qui vous font perdre votre temps plus qu’autre chose et qui ne vous feront absolument pas trouver du travail. Pourquoi ? Parce que vos agents n’ont aucune formation et parce qu’une partie d’entre eux, n’ayons pas peur des mots, n’en ont rien à foutre que l’on soit sans emploi.
| http://journaldunechomeuseatempsplein.over-blog.com/ (Ça, c'est le blog sympatoche d'où vient l'image.) |
Mais on dirait qu’aujourd’hui la chance est avec moi, on me propose quelque chose. On me parle de l’aéroport. C’est bien ça, c’est à 15 minutes de chez moi. Et là, le mot tombe. Celui de mon futur job, celui de mon avenir, celui de ma carrière : mécanicienne. Je vais être méca… Wait, what?
— « Mécanicienne. Sur les avions », me répète la soi-disant conseillère en face de moi.
J’attends. Je ne sais pas trop quoi. Qu’elle prononce le mot « formation » peut-être. Mais rien ne vient. Je finis donc par lui répondre.
— « Okay.
— Très bien ! Alors…
— Mais avant que les gens ne réservent leur billet pour partir, vous leur ferez dire de n’en prendre qu’un. Le retour ne sera pas utile. »
Elle me regarde, je la regarde, bref on se regarde. Fin de l’entretien.
En remontant dans ma voiture, et comme à chaque fin de rendez-vous, j’ai un goût amer dans la bouche. Je démarre et retourne m’enfermer dans mon appartement, à mon quotidien sans intérêt, des pensées négatives plein la tête. Et, inévitablement, je me demande si tout ça vaut le coup. Parce que même avec toute la bonne volonté du monde, le découragement finit toujours par s’emparer de vous.
Permettez-moi donc, Madame, Monsieur, de ne vous présenter ni mes salutations distinguées ni mes sentiments respectueux.
Tháleia
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire