dimanche 10 mars 2013

Ma rencontre manquée avec Sire Cédric


   Début octobre 2012, au téléphone avec une cousine.

   « Tháleia, il y a le salon du polar à Cognac dans quinze jours, tu veux venir ?

   — Oui, pourquoi pas ? Il y aura qui comme auteurs ?

   — Aucun que je connais : Truc, Machin, Sire Cédric, Bi…

   — SIRE CEDRIC ?? Je viens ! Je l’adore, je veux une dédicace, je veux le rencontrer !! C’est quoi la date ? »


   Oui, parfois, j’entre en mode hystérique/fangirl quand on me parle de certaines personnes. Oui, malgré mon âge. Et non, je n’ai (presque) pas honte. Bref.

   N’étant finalement pas disponible, ma rencontre avec Sire Cédric n’aura pas lieu. Mais je ne m’avoue pas vaincue et j’envoie ma cousine me faire dédicacer L’enfant des cimetières, seul livre de l’auteur que je n’ai pas encore lu à l’époque.


   Quelques jours après, ma cousine me raconte la rencontre. 

   « Je suis allée te faire signer ton bouquin, et je suis partie. Mais comme il m’intriguait, je suis retournée le voir. »

   « Intriguant », oui, c’est sûrement le mot qui convient quand on voit le monsieur pour la première fois, avec ses longs cheveux noirs et ses yeux cerclés de crayon.

   « Je comprends pourquoi tu l’aimes tant, ajoute ma cousine en voyant mon sourire.

   — Ah bon, pourquoi ?

 — C’est un fan de Stephen King, et ses histoires sont pleines de choses étranges et d’hémoglobine. Ce sont ses mots.

   — Ah oui, c’est sûr qu’il ne faut pas avoir de problème avec le sang quand on le lit. Et il ne faut pas non plus avoir peur de psychoter un peu, une fois le livre refermé.

   — En tout cas, il est vachement sympa. Tu savais qu’il chantait un peu dans un groupe ? »


   Je lève les yeux au ciel comme si la réponse était évidente. Pour tout vous dire, oui, pour moi, elle l’est.

   Alors comment décrire Sire Cédric  et son style d’écriture ? Honnêtement, il fait ça très bien lui-même sur son site internet: « Qui je suis ? Oh. Juste un type qui écrit des histoires avec des monstres dedans. »

   C'est un bon résumé. Des romans policiers – voire thrillers – où se côtoient des monstres, du surnaturel, des miroirs qui servent de portes, des enfants fantôme et bien d'autres choses. (Mais rassurez-vous, il ne met pas tout ça dans un seul et même livre !) Le genre d'histoires qu'on ne donne pas à n'importe qui sous peine d'être haï à jamais par la personne qui n'aime pas le genre.

   Bon moi, j'ai malheureusement loupé ma rencontre avec lui (ce n'est que partie remise), mais vous, vous, vous pourrez le croiser aux Quais du Polar de Lyon, du 29 mars au 1er avril, ou aux Imaginales d'Epinal, du 23 au 26 mai. En attendant, il est parti s'isoler pour écrire son prochain roman.

Tháleia





vendredi 8 mars 2013

Comment je n'ai pas rangé ma bibliothèque.


   Une journée pluvieuse. Une de celles où on ne sait pas trop comment s’occuper.

   Qu’est-ce que je pourrais bien faire ? Regarder un film ? Non, je ne suis pas d’humeur. Prendre un bon bouquin ? Mon regard se dirige vers la bibliothèque. Des centaines de livres s’y entassent dans une anarchie plus ou moins contrôlée. Comprenez,  il n’y a aucune logique de rangement. Je pose les livres où il reste de la place au fur et à mesure qu’ils sont lus, alors forcément… Trouver une façon convenable de ranger tout ça ne serait pas du luxe. Allez, c’est parti.

(Avertissement : si, comme moi, vous avez une forte tendance nostalgique, ça risque de vous prendre du  temps.
« Oh, Les Lettres Persanes, j’avais dû les lire au lycée. La prof nous avait amenés voir l’adaptation théâtrale, c’était mauvais. »
Et me voilà plongée dans mes souvenirs des années lycée.)

   1/ Sortir tous les livres de la bibliothèque et les poser par terre, en pile. Oui, selon le nombre de bouquins que vous possédez, votre pièce peut rapidement se transformer en un véritable capharnaüm. Mais soyons réalistes, un capharnaüm de livres, c’est beau.


   « Mince, comment je fais pour me déplacer maintenant, y’en a partout. »

   « Mais fais gaffe, t’as tout fait tomber ! »

   2/ Réfléchir à la façon dont je veux classer mes livres. Par genre ? Par édition ? Par siècle ? Uniquement par ordre alphabétique ?
S’engage alors un dialogue avec moi-même :

   « Euh, attends, t’es gentille, mais je fais comment quand j’ai des livres de poche et des livres brochés d’un même auteur ? Non, parce que ça complique un peu. Et quand un auteur écrit dans plusieurs genres ? Et mes livres en langues étrangères, je les classe avec mes livres en français ou je leur laisse une étagère rien que pour eux ? Et les biographies des personnages historiques, je les mets avec mes livres d’histoire ou avec mes autres biographies ? Et si j’ai une biographie d’un sportif/chanteur (non, ce n’est pas Yannick Noah) en anglais, j’en fais quoi ?

   — Euh… Ben je sais pas trop. Sans compter qu’il faut laisser un peu de place sur les étagères pour pouvoir ajouter des livres.

   — Et en plus, des fois, j’ai plusieurs fois le même bouquin, mais dans des éditions différentes.

   — Ça te sert à quoi ?

   — A rien, mais ça me fait plaisir d’avoir trois fois Le Seigneur des Anneaux, L’île au trésor et Les Fleurs du Mal.

   — … »

   Assise par terre en tailleur, je regarde, perplexe, les livres qui s’étalent autour de moi. Rien à faire, je n’arrive pas à me décider. Désœuvrée, je les ramasse un par un et les repose dans la bibliothèque, là où ils étaient. Pas besoin de classement, je sais exactement où chaque livre se trouve de toute façon.

   En résumé, mon rangement n’aura servi à rien, mais j’ai repéré quelques œuvres dont je vous parlerai bientôt. Durée de l’opération : 4h30. Je recommencerai sûrement un de ces jours.




Tháleia

vendredi 1 mars 2013

Bouclez-la !



     Pour la plupart d’entre nous, que l’on soit un homme ou une femme (mais surtout une femme hein !), se coiffer est une tâche anodine et incontournable du quotidien. Certain(e)s l’exécutent sans y penser là où d’autres y prennent du temps et du plaisir.

     Seulement voilà, une caractéristique peut modifier considérablement tout ce processus capillaire !

     Non, je ne veux pas parler des têtes chauves plus ou moins assumées ou des rasées volontaires, mais de l’autre communauté, celle qui sait avant tous qu’un changement météorologique se prépare : celle des cheveux bouclés !

    Non, le mot « communauté » n’est pas trop fort car, au-delà de la particularité physique, c’est bien une communion d’esprit qui domine : la boucle c’est un mode de vie !
                              
   Ainsi, tu sais que tu fais partie des détentrices d’une chevelure au positionnement et à la forme aléatoires quand tu :


  • es toujours à l’affut des crèmes, mousses et autres huiles coiffantes innovantes et dernier cri. En un, non, deux mots : supra-modernes ;
  • n’oublies pas les astuces d’hier et les recettes de grand-mère, car on ne sait jamais ! (Oui la fille bouclée n’est pas sûre de son époque) ;
  • tu as appris de manière brutale et traumatisante que jamais, ô grand jamais, il ne fallait te démêler les cheveux quand ils étaient secs ;
  • tu espionnes tes amies, tes copines, tes connaissances, les inconnues, bref, toutes les filles que tu croises pour comprendre le secret de leurs boucles rebondies ;
  • tu jalouses tes amies, tes copines, tes connaissances, les inconnues, bref, toutes les filles que tu croises qui ont des boucles rebondies.    

     Comme tu peux le constater, la vie de fille bouclée n’est pas simple : il faut savoir tendre l’oreille et ouvrir les yeux pour identifier les faux amis du véritable allié :
                              
     Il n’y a qu’à observer le vocabulaire employé par les publicitaires pour comprendre que nous sommes en guerre : il nous faut ainsi « dompter le volume », « discipliner la chevelure », « vaincre les frisottis rebelles » et j’en passe !

   Oui, tout objet de coiffure, même utilisé dans des conditions optimales de sécurité, même mis entre des mains professionnelles, pourtant aguerries à ce genre de cascades capillaires, peut devenir ton ennemi.                                      

     Oui, nous qui vivons dangereusement, que dis-je, aventureusement, sous des extérieurs pacifiques et ondulés. Nous qui luttons contre la boucle mais qui sommes perdues sans elle (oui la fille bouclée est foncièrement paradoxale !). Oui, Nous, filles bouclées, nous revendiquons aujourd’hui le droit de casser notre image de jeune fille romantique qui court dans les champs fleuris (ça marche aussi avec la madone qui pose pour les peintres italiens !).

     Déclarons donc bataille non plus à nos cheveux mais aux publicitaires (comment ça, on n’a pas le budget ?!) et aux idées reçues (comment ça, c’est cliché ?) : les filles bouclées aussi peuvent avoir accès à toutes les coiffures possibles ! Et c’est ce que je me propose de faire prochainement. Alors, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, (mais surtout mesdames et mesdemoiselles), bouclez-la ou bouclez-vous ! 
Ourania

Un album pour vous conduire au Nirvana


   Il y a des rencontres qu’on n’oublie pas. Qu’elles soient réelles, musicales, cinématographiques ou littéraires. Non pas que ces trois dernières ne soient pas réelles, non, bien au contraire, mais disons qu’elles n’ont pas l’aspect « face à face » que l’on a avec quelqu’un. Vous voyez ce que je veux dire ou je vous ai déjà perdus ? Ce que j’essaie de dire, c’est qu’on a tous une histoire particulière avec - au moins - un musicien ou un écrivain, un réalisateur, un peintre ou un photographe, etc.  Une histoire qui nous rappelle pourquoi on aime tant cet artiste et son œuvre, même s’ils ont évolué, même si nous avons changé. Une histoire qui nous rend un peu nostalgique, qui peut nous faire sourire et qui, parfois, peut aussi nous faire pleurer. Ah, ça y est, je vois que vous me suivez, maintenant. Parce que vous aussi, vous avez une histoire comme ça avec quelqu’un que vous ne connaissez pas et que vous ne rencontrerez sans doute jamais, pas vrai ? Et même que souvent, vous ne pouvez pas vraiment expliquer pourquoi l’univers de cette personne vous parle, vous touche, vous fait vibrer. Et puis, pourquoi devrait-on se justifier ? C’est comme ça, c’est tout. Les sentiments, ça ne s’explique pas.

   J’ai quelques histoires plus ou moins originales, plus ou moins personnelles, à propos de mes découvertes musicales. Rassurez-vous, je ne vous embêterai pas avec, ce n’est pas important et à part moi, tout le monde s’en fiche. Non, ce qui compte, c’est l’album dont je vais vous parler, aujourd’hui. Un album live. Je déteste les albums live. Enfin, normalement. Parce que celui-ci est un indispensable, que tout un chacun doit avoir écouté au moins une fois dans sa vie. Si j’avais un Top 10 des albums à écouter absolument (penser à en faire un, tiens), il ferait sans aucun doute partie des trois premiers. Mais je parle, je parle, et je ne vous ai toujours pas dit de quel album il s’agissait. Hé bien, ce n’est rien d’autre que le MTV Unplugged in New-York de Nirvana. L’émission existe toujours. Son principe est simple : faire découvrir les titres en acoustique des artistes. Pas d’artifices, pas de sons saturés. Juste une voix et une guitare, voire un piano. Le tout enregistré en public.

  Enregistré en novembre 1993 et sorti tout juste un an plus tard, l’album n’aurait jamais du voir le jour. Mais la mort du leader de Nirvana en avril 1994 va changer la donne. Les fans sont toujours là et réclament de nouveaux titres. Ceux qui ont été enregistrés et ne sont jamais sortis. Il en reste encore, on le sait, on nous les délivre au compte-goutte dans des Best Of qui laissent à désirer. Que voulez-vous ?, la mort d’un artiste est définitivement bonne pour le business et peut rapporter gros.

 Alors pourquoi avoir sorti cet album ? Cet album où Cobain n’est peut-être pas vraiment Cobain. Cet album où sur quatorze chansons, six sont des reprises. L’album d’une émission que Cobain ne voulait même plus faire, où il n’était pas à l’aise, et où le public riait à ses mots - pas vraiment drôles. Ce public qui, à l’instar de Jim Morrison, il avait fini par détester.
Krist Novoselic et Dave Grohl, les deux acolytes de Kurt Cobain, ont déclaré qu’il leur était « émotionnellement difficile » de préparer un album avec les nouvelles compositions. Le MTV Unplugged était déjà tout prêt. Mais, si je comprends la démarche, je ne peux m’empêcher de me demander s’il n’aurait pas mieux valu attendre un peu et sortir un véritable premier album posthume. Les fans auraient toujours été là. Vingt après, ils sont encore bel et bien présents. Et peut-être qu’il n’aurait jamais fallu sortir cet album acoustique de manière officielle. Il aurait tout de même circuler de toute façon.

   Alors, pourquoi j’aime tant cet album ? Peut-être parce que soudainement, les chansons prennent tout leur sens. Parce que la présence de guitares, d’un violoncelle et d’un accordéon font ressortir les mots dans ce qu’ils ont de plus pur.  Pour la beauté simple de « All Apologies » et de « Pennyroyal Tea ». Et probablement aussi pour le souvenir. Pour tout ça et plus encore.

   Mais dans tous les cas, cet album - adulé par les uns, décrié par les autres - est à écouter encore et encore. Pour la voix cassée, triste et parfois fausse de Kurt Cobain, pour les guitares, pour la redécouverte des titres en acoustique, mais surtout pour les émotions. En vinyle, si vous pouvez, les frissons n’en sont que meilleurs.

Tháleia

Le chignon bun


   
     Oui, pour ma première expérience militante de fille aux cheveux bouclés (ou ma première EMFACB, comme on le dit dans le métier !), j’ai décidé de tester le chignon bun. Je perçois déjà un silence consterné, comme seuls des étudiants en sont capables en fin de conférence.

     Mais une voix domine, celle qui s’écrie : « comment ? Encore un chignon bun ! C’est un scandale, quel manque cuisant d’imagination, bouh ! ». Ce à quoi je m’empresse de répondre : « oui, ce n’est pas faux ! »… Mais pas que !

     En effet, derrière la curiosité, se cache la grondante revendication des cheveux bouclés : sur les 14 premières pages recensant les photos du fameux chignon sur Google Images, seuls les cheveux lisses sont représentés !

     Pour me comprendre, « il faudrait savoir qui je suis, pour me comprendre, il faudrait connaître ma vie »… Désolée, citer Michel Berger était trop tentant ! Plus sérieusement, pour comprendre ce choix, nous devons revenir en arrière de quelques mois, en pleine période d’achats des cadeaux de Noël. Car, qui dit achats de Noël, dit monde, qui dit longue file, dit attente aux caisses, ce qui dit finalement observation mi-intéressée, mi-désabusée des petits accessoires plus ou moins chers, placés tout autour de vous afin de vous pousser à un ultime achat compulsif ! Ce fut là ma première rencontre avec le « bun’s accessory » ou le « boudin » comme il se fait si poétiquement appeler en français. J’avoue m’être interrogée sur la nature de cet objet autant que sur sa fonction.    

     D’ailleurs, pour celles qui n’ont pas encore croisé sa route, en voici une photo :       


     Non, non, ce n’est pas une éponge, je vous l’assure, quoique…  Cela mériterait un test ! Mais revenons-en à son utilité première mais alors ignorée. Je questionnais donc à ce sujet l’amie qui m’accompagnait. La réponse fusa : 

" Ben, (et pas bun !), c’est pour faire un chignon ! 
- Ok, mais comment ?
- …", fit mon amie en imitant à la perfection un étudiant en fin de conférence.

     Je connaissais désormais le « quoi » mais pas encore le « comment ». Puis ce fut mon tour de payer et j’en restai là. Toutefois, cette énigme ne cessait de resurgir à chaque virée shopping. Le bun/boudin me fixait à chacun de mes passages en caisse, plein d’un mutisme douloureux. N’y tenant plus, un dimanche de février, j’effectuais la recherche du tutoriel. Le lendemain, je courais acheter le dit-accessoire (vu en boutiques d’accessoires et de vêtements entre 3€ et 4€). Car en plus d’être classe et sympa,  le chignon bun est facile à faire ! Oui, même lorsqu’on possède des doigts purement décoratifs comme les miens ! Oui, même lorsqu’on possède les défauts des cheveux bouclés sans en avoir les avantages, à savoir : des cheveux fins.

     Et pour cela il suffit de se munir :

  •  d’un élastique 
  •  de l’accessoire/boudin bun
  •  de cheveux bouclés (non, le lissage n’est pas obligatoire)


1) Se mettre de dos (non je plaisante, c’est juste l’ « avant ») :
                                       
2) Faire une queue de cheval à la hauteur souhaitée : 

                                     
3) Enfiler le boudin/bun sur la queue de cheval tel un chouchou honteux : 
                                       
4) Séparer votre chevelure brillante et somptueuse en deux parties :
                                       
5) Prendre la partie supérieure et couvrir le haut du bun/boudin :
                                               
6) Faire de même avec la partie inférieure/bas du bun/boudin :
                                               
7) Le bun/boudin ainsi recouvert, il ne reste plus qu’à tourner le reste des longueurs autour de l’accessoire :
                                               
8) Vous pouvez ajouter des épingles (1 en haut et en bas suffisent) pour le « consolider » :
                                               

  Et voilà !!!

Ourania

Quand certains films font du bien, parce qu’avec eux, rien, c’est déjà beaucoup…

   Ce jour-là…
Après une journée entre filles : shopping, ballade, resto…
Après avoir passé au peigne fin les sujets d’actualité :

- Ah bon il y a de « l’hippocampe dans les coquilles st Jacques ? » ,

Après avoir établi un bilan de nos dernières péripéties depuis notre dernière conversation (à savoir  les quelques dernières 24heures)…
Après une profonde discussion quant à notre futur destin :

- Alors, tu t’es décidé à solder ton diplôme à l’étranger, dans l’espoir que là-bas, au moins, quelqu’un trouvera un intérêt à cette thèse sur cet auteur lituanien francophone ?

- Tu as choisi Londres plutôt que Cambera ? Tu as raison, au moins tu pourras t’habiller sur Camden Street !

Pourquoi, à ce moment-là, l’idée même de regarder, 100mn durant, un film dont toute l’énigme consiste à suivre au quotidien un musicien de st Germain des Près refusant de travailler dans l’attente d’un héritage, le tout en noir et blanc… n’est même pas envisageable ?

   Le lendemain…
Après une folle journée passée à visiter tous les bureaux administratifs, fac, C.A.F., sécu, C.I.J.A. et autre pôle emploi, le tout en faisant son footing… les bureaux menaçant de fermer d’une minute à l’autre…

Pourquoi, ce jour-là,  l’idée de ce genre de film, semble peut-être envisageable ?
À moins que ce ne soit cette idée d’héritage…

Le surlendemain…
Après avoir reçu, et/ou donné une demi-journée de cours, laquelle nous a semblé intensément transcendante et fortement conceptuelle, bref, vraiment fatigante, et parfaitement décourageante à la vue de tout ce qu’il nous reste à faire…

Pourquoi, l’idée de voir ce film est désormais envisagée ?
Cette histoire de musicien oisif à St germain…et puis le noir et blanc, pour des yeux fatigués, c’est bien, non ?

   Trois jours plus tard…
Après une journée où rien ne s’est déroulé comme il fallait (c’est-à-dire comme Je l’avais décidé) où ce sont enchainés accident de  tram et panne de bus ; alors que tout espoir reposait sur cette sainte station vélo, il s’est avéré  que le dernier « vcub » disponible avant 1km n’était pourvu que d’une seule pédale…


 Il me tarde, alors, ce soir-là, de rentrer chez moi pour voir ce film, Le signe du lion. Ce genre de film où le décor est comme un tableau naturel, où le scénario s’ancre dans cette réalité à laquelle je cherche pourtant, à échapper, et, où les personnages sont, en fait, monsieur et madame tout le monde.


 Libération cathartique ou pas, c’est désormais tout Rohmer que je veux voir. Parce que, au fond, il s’y passe pleins de petits riens… la vie quoi !

Melpoménê